Être à l’heure. Coordonner les mobilités en France au XVIIIe siècle
Le 18 avril 2025 | 0 Commentaires

Être à l’heure. Coordonner les mobilités en France au XVIIIe siècle de Catherine Herr-Laporte (coll. Histoire, sciences, techniques et sociétés, 2025) a bénéficié d’une revue parue dans Libération, par Jean-Yves Grenier.

« L’historienne montre comment l’heure s’est généralisée en France à partir des années 1750, créant une attention nouvelle à la ponctualité.

Depuis quelque temps, l’historiographie s’intéresse à la façon dont les sociétés coordonnent leurs activités avec l’invention des horaires. Chercheuse en histoire, Catherine Herr-Laporte montre comment ce processus à la fois technique et psychique s’intensifie au cours du XVIIIe siècle. Ce besoin d’horaires est en particulier dû à la nouvelle recherche de vitesse dans le transport des lettres comme des personnes, recherche qui s’intensifie à partir des années 1750 et plus encore après la Révolution. A partir de 1675, on observe la publication régulière d’horaires postaux indiquant le départ des courriers et, dès 1725, plus de la moitié des horaires sont donnés à l’heure près. La précision à la demi-heure, voire au quart d’heure, est par contre encore exceptionnelle. Des horaires précis ne sont cependant utiles que si la population a accès à l’heure ce qui précisément se généralise au cours du siècle. La montre devient transportable grâce à cette innovation majeure qu’est le balancier spiral, et sa possession se généralise au point de devenir assez ordinaire. En 1790, on en trouve dans 70 % des inventaires après décès, marchands et ecclésiastiques semblant les plus rigoureux dans le respect des horaires. L’heure publique est également de plus en plus accessible grâce à la multiplication des horloges, en particulier près des auberges et des relais de poste.

La multiplication des horaires conduit à l’apparition d’une notion nouvelle : le retard. L’usage du mot s’accroît fortement dans la littérature au cours du siècle, surtout après 1750, témoignant d’une préoccupation toujours plus grande envers la ponctualité. Les particuliers acceptent de moins en moins les retards, dans leurs déplacements comme dans leur courrier. Dans la tradition monastique des stricts emplois du temps, le retard a longtemps été considéré comme un péché. Désormais, «plus qu’une vertu religieuse ou une qualité morale», la ponctualité devient «un devoir social et un impératif professionnel». »

Retrouver l’article

Retrouver l’ouvrage ici

Retrouver la biographie de l’autrice ici

Retrouver les autres parutions de la collection Histoire, sciences, techniques et sociétés ici

Laisser un commentaire

Gestion de vos préférences de Cookies

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Cookies strictement nécessaires

Cette option doit être activée à tout moment afin que nous puissions enregistrer vos préférences pour les réglages de cookie.

Cookies à des fins statistiques

Ce site utilise Google Analytics pour collecter des informations anonymes telles que le nombre de visiteurs du site et les pages les plus populaires.

Garder ce cookie activé nous aide à améliorer notre site Web.

Cookies additionnels

Gérés par d'autres entreprises, ces cookies utilisés pour identifier vos centres d'intérêt et afficher un contenu publicitaire pertinent lorsque vous naviguez sur Internet hors de notre site Web.

Ces cookies activent notamment des fonctionnalités relatives aux réseaux sociaux telles que le partage et l'inscription via son profil social.