Le travail invisible des données
Le 21 mars 2019 | 0 Commentaires

Compte rendu de lecture – Cairn.info – par Baptiste KOTRAS – le 21/03/2019

« Cet ouvrage constitue une contribution précieuse dans les débats contemporains autour de la « révolution des données ». Faisant un pas de côté par rapport aux représentations véhiculées tant par les discours enthousiastes que critiques, J. Denis montre pourquoi les données ne sont jamais ni données, ni ouvertes, ni fluides, mais toujours l’objet d’un travail de production, d’ajustement et de traduction qui est généralement négligé, voire nié, et ainsi rendu invisible. Ce faisant, l’ouvrage se propose d’élaborer les grandes lignes d’une « sociologie des coulisses de la donnée ». Pour ce faire, l’auteur se défend de partir d’une définition in abstracto de la « donnée », lui préférant une acception variable et toujours située. Dans une première partie (chap. 1 à 5), il nuance l’aspect radical de cette « révolution des données » en articulant, au croisement des études sur les sciences et la technologie, de la sociologie du travail et de l’anthropologie de l’écriture – ce que l’on sait déjà en matière de production des données. Dans une seconde partie (chap. 6 et 7), il expose deux enquêtes ethnographiques originales à travers lesquelles il plonge le lecteur dans l’épaisseur des pratiques et des infrastructures scripturales, pour développer la problématique centrale de son ouvrage : les liens entre la variation ontologique de ce qu’est – ou n’est pas – une donnée, le travail dont les données sont issues, et l’invisibilisation d’un tel travail.

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